Carnet de bord d’un atelier d’illustration botanique
Journées du Patrimoine – Université Paris-Saclay
Samedi 20 septembre, le Jardin botanique de l’Université Paris-Saclay a ouvert ses portes au public pour les Journées Européennes du Patrimoine. C’est dans les serres, habituellement réservées aux étudiants et chercheurs, que j’ai eu le bonheur d’animer un atelier d’illustration botanique.
En entrant, les visiteurs étaient d’abord saisis par l’ambiance particulière des lieux : la lumière diffuse à travers les vitres, l’humidité douce qui enveloppe les plantes, le foisonnement de feuillages et de fleurs venus des quatre coins du monde. On se sentait déjà ailleurs, dans une bulle de verdure et de savoir.
Deux groupes de douze personnes se sont succédé dans la journée.
Certains n’avaient jamais touché à l’aquarelle, d’autres pratiquaient déjà le dessin, mais tous partageaient la même curiosité.
Il leur a fallu apprendre à regarder autrement : à décrypter les formes, à distinguer les nuances, à suivre les nervures d’une feuille ou à saisir la texture d’un pétale. L’illustration botanique n’est pas seulement un art, c’est aussi une méthode de contemplation et de connaissance.
Les plantes mises à disposition avaient été soigneusement choisies par Amandine Dubois (technicienne en charge de la serre de biologie végétale – UFR Sciences) et Delphine Albert (responsable des collections végétales du Jardin botanique).
Elles avaient préparé une variété étonnante : formes élégantes ou étranges, textures veloutées ou rugueuses, couleurs éclatantes ou subtiles. Chaque participant a pu trouver son sujet, celui qui lui donnait envie de s’asseoir et de la traduire sur le papier.
Peu à peu, le silence s’est installé dans la serre, ponctué seulement par le froissement du papier, le cliquetis des crayons, le léger clapotis des pinceaux trempés dans l’eau. Les gestes d’abord hésitants se sont faits plus assurés, les teintes se sont superposées, les contours se sont précisés. On pouvait lire la concentration sur les visages, mais aussi l’émerveillement : dessiner une plante, c’est entrer dans son intimité, découvrir ce qu’on ne voit pas d’un simple regard.
À la fin de chaque session, les sujets, variés, se sont alignés sur les tables: une véritable petite exposition improvisée, où chacun pouvait admirer les regards différents portés sur un même sujet. Certains dessins étaient précis et rigoureux, d’autres plus libres et colorés, mais tous traduisaient l’attention et le respect portés au végétal.
Au-delà de la technique, ce fut un moment de partage et de transmission. Beaucoup m’ont confié qu’ils n’avaient jamais observé une plante d’aussi près, et qu’ils ne la regarderaient plus jamais de la même manière.
Je garde en mémoire cette atmosphère chaleureuse et studieuse, où le patrimoine scientifique et végétal de l’Université a rencontré la créativité des participants. Un grand merci à l’équipe du Jardin botanique, à Amandine Dubois et Delphine Albert, et bien sûr à toutes celles et ceux qui ont pris part à cet atelier.